Wille-zur-Macht

La volonté de puissance

Mercredi 15 septembre 2010 à 20:25

Roms : des ignobles déclarations du député UMP Lionnel Luca et du Secrétaire général du parti Xavier Bertrand à la directive de la honte d’Hortefeux, la Sarkozie affiche désormais sa xénophobie au grand jour. La Commission européenne menace d’attaquer la France en justice.

Le septuagénaire incarcéré pour avoir tiré sur deux adolescentes roms venues le cambrioler, dont la libération est réclamée par des élus FN et UMP (par l’extrême droite française en somme…), a estimé qu’elles appartenaient à « une sale race ». Interrogé sur ce propos, Lionnel Luca, député UMP et vice-président du Conseil général des Alpes-Maritimes, répond : « Il a eu tort de le dire, il a le droit de le penser » (vidéo ici

). Terrifiant. Y-a-t-il des raisons de penser une telle chose ? Certaines « races » sont-elles « sales », les hommes et les femmes de cette origine étant des sous-humains, nuisibles, à exterminer peut-être ? On aurait donc le droit de penser que les Roms sont « une sale race », selon cet élu de la République, en conséquence de quoi l’on aurait aussi le droit de penser la même chose des Arabes, des noirs ou des juifs, pourquoi moins que les Roms ? Vive le racisme décomplexé – quel dommage qu’on n’ait pas le droit de le dire ! – et la suprématie de la race blanche avec l’UMP !

Ainsi, le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur a signé le 5 août dernier une circulaire (reproduite ici), à destination des directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales, du préfet de police et des préfets territoriaux, commençant par cette phrase : « Le président de la République a fixé des objectifs précis, le 28 juillet dernier, pour l’évacuation des campements illicites : 300 campements ou installations illicites devront avoir été évacués d’ici 3 mois, en priorité ceux des Roms. » Cette dernière expression revient à deux autres reprises dans la circulaire qui s’achève par ces mots : « concernant prioritairement les Roms ». Quatre fois donc, ce texte viole l’article 225-1 du code pénal interdisant la discrimination, définie comme « toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ». Et que déclare le Secrétaire général de l‘UMP, Xavier Bertrand, interviewé par un pugnace Jean-Jacques Bourdin sur RMC (verbatim dans Marianne) : « Ce que j’ai entendu sur cette circulaire : non aux camps illégaux et de roms quand il y en a, c’est la traduction de notre politique. J’assume tout à fait. C’est la polémique qui me choque ». Parfait : le chef du parti au pouvoir « assume tout à fait » un texte qui viole le code pénal, « traduction de notre politique » qui opère une discrimination ethnique à l’encontre des Roms. Laissons la conclusion à Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, extraite du texte Hortefeux, le racisme en circulaire, qu’il publie chez Mediapart : « Que n’avons-nous entendu, quand nous avons dit et écrit que les pouvoirs publics, et le chef de l’Etat le premier, menaient une politique ouvertement xénophobe. Nous souvenons-nous de ce cœur des vierges, la main sur le cœur, nous affirmant que jamais le président de la République n’avait voulu stigmatiser une communauté, lors de la réunion qu’il avait convoquée en son palais le 28 juillet 2010 ? Propos excessifs et scandaleux, «gauche milliardaire», etc. Pourtant, les documents sont là, écrits sous la responsabilité du ministre de l’Intérieur, faisant explicitement référence aux «objectifs précis (fixés), le 28 juillet dernier» par le président de la République. (…) Si les mots ont encore un sens, mais en ont-ils un pour Brice Hortefeux, comment qualifier autrement sa circulaire du 5 août 2010 que d’ouvertement discriminatoire ? (…) Il y a quelque chose qui va bien au-delà du scandale dans ce verbe administratif. Il y a l’angoisse de constater que d’auvergnats en maghrébins, de musulmans français forcément « accueillis » dans le pays où ils sont nés en Roms pique-assiettes de notre système social et gens du voyage forcément délinquants, se dessine le portrait d’une politique qui n’hésite pas à s’en prendre à des communautés entières sur la base de leur origine ou de leur religion. Sans éthique, sans principes, l’actuel pouvoir politique se dispense de plus en plus de faux semblants au point de mettre par écrit ce qui hante ses pensées. »

Tandis que nous rédigeons ce billet, une dépêche tombe à l’instant sur le site de France Info : Ça suffit, c’est une honte !” La Commission européenne, par la voix de sa commissaire à la Justice et aux Droits des Citoyens, Viviane Reding, hausse le ton ce matin à l’encontre de la France. Elle promet d’engager une procédure d’infraction contre Paris. » En cause justement, la circulaire raciste. Entre temps, Hortefeux l’avait faite réécrire en supprimant le ciblage explicite des Roms, invoquant une improbable explication, dans le style foutage de gueule habituel des sarkozystes (« Le mot « priorité », selon l’Intérieur lundi, n’avait « qu’un contenu chronologique, opérationnel, par rapport aux gens du voyage », en raison des « multiples déplacements de ces derniers qui participent, l’été, à de nombreux pèlerinages » , rapporte l’AFP). Trop tard pour Viviane Reding : « Je suis personnellement convaincue que la Commission européenne n’aura pas d’autre choix que d’initier des procédures en infraction contre la France », a-t-elle déclaré. Elle accuse les autorités françaises d’avoir « dissimulé l’existence d’une circulaire ciblant expressément les Roms pour les expulsions, précise une autre dépêche de l’AFPCe texte constitue une nouvelle source d’embarras pour Paris car il officialise le concept de minorités qui n’existe pas dans la loi française. Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a annoncé dans la foulée avoir signé une nouvelle circulaire « pour lever tout malentendu sur une éventuelle stigmatisation » des Roms. » Une fois n’est pas coutume, pardon pour la vulgarité : malentendu, mon cul ! « Je ne peux que regretter profondément que des garanties politiques m’ayant été données par deux ministres français soient désormais ouvertement contredites par une circulaire administrative délivrée par le même gouvernement », dénonce encore la Commissaire européenne. Rappelons enfin pour mémoire que les eurodéputés ont voté la semaine dernière, en dépit d’une majorité de droite, par 337 voix pour, 245 contre et 51 abstentions une résolution ainsi résumée sur le site de l’assemblée européenne : « Le Parlement se déclare « vivement préoccupé par les mesures prises par les autorités françaises et les autres Etats membres » et rappelle que les expulsions collectives violent le droit européen car elles constituent une discrimination fondée sur la race. Dans une résolution adoptée ce jeudi, les députés regrettent en outre la rhétorique « provocatrice et discriminatoire » de certains décideurs politiques, ainsi que le manque d’engagement du Conseil et de la Commission dans cette affaire. » Sarkozy, la honte de la France, écrivions-nous le 17 août dernier. Plus que jamais, nous persistons et signons.

PS : « Aucun gouvernement en France n’avait émis l’ordre de cibler une minorité ethnique depuis Pétain, c’est dire !, remarque Roland sur Dazibaoueb. (…) si le Canard Social n’avait pas révélé cette affaire, et hommage lui soit rendu ainsi qu’au journaliste David Prochasson, des gens qui font honneur à leur profession, c’est si rare de nos jours, si le Canard Social n’avait pas révélé cette affaire donc, nous n’en aurions pas eu connaissance. La circulaire continuerait donc à être appliquée en toute illégalité. »

Mardi 14 septembre 2010 à 21:20

Plusieurs grands quotidiens ont fait faillite aux Etats-Unis sans être remplacés. Ce mouvement ne semble pas devoir s’arrêter. Faut-il craindre la fin du journalisme professionnel et s’en lamenter ou, au contraire, se réjouir de la mort d’un modèle économique qui, depuis des décennies, a privilégié la rentabilité et le profit sur l’investigation et la contestation.

Les chroniques nécrologiques des journaux imprimés ou télévisés font état d’un dépérissement généralisé de la presse et du négoce du journalisme : les grands journaux des Etats-Unis sombrent dans le chaos financier, quelques-uns ont fermé leurs portes et les autres réduisent leur personnel. Le Wall Street Journal et le Los Angeles Times se sont serré la ceinture au maximum, réduisant jusqu’à leurs locaux. Le Detroit News/Free Press et Seattle Post-Intelligencer privilégient leur sites internet par rapport à l’édition papier.

Parmi ceux qui ont carrément fermé, figurent le Rocky Mountain News, avec 150 ans d’ancienneté, à Denver ; le Cincinnati Post, 128 ans, dans le Cincinnati ; et l’Albuquerque Tribune, 87 ans. Leur nom s’ajoute à la liste gravée dans la pierre tombale de l’industrie de l’information. Pour notre part, comme nous le constatons depuis un certain temps dans nos propres journaux, la nouvelle de l’effondrement du journalisme ne date pas d’hier.

Les journaux connaissent depuis pas mal de temps une mort cérébrale, et leurs corps de zombis finissent par les escorter. Je sais que cela peut paraître cruel et susciter la colère des amateurs de mots croisés et de coupons publicitaires à découper —et ils sont légions—, mais il s’impose de s’interroger sur le phénomène et d’en retracer l’histoire.

L’appât du gain et la convoitise ont tué les grands quotidiens

La cause du collapsus de l’industrie journalistique est à rechercher dans sa perte de diversité. Le modèle du monopole a dominé l’industrie vers le milieu du XXème siècle. Dans presque toutes les villes des Etats-Unis, il y avait un quotidien dominant, soutenu par une économie de plus en plus puissante qui faisait une concurrence acharnée aux autres. A la fin du siècle, il ne restait qu’un seul journal local dans environ 98 % des villes étasuniennes.

Les monopoles menaçaient la démocratie, et les quotidiens sont devenus des gardiens des nouvelles régionales dont le contrôle permettait de dominer la politique locale et de s’arroger un pouvoir illimité. Ceux des politiques qui ont affronté le quotidien local n’y ont pas survécu, en termes de carrière. Et les coûts de la publicité ont grimpé, au point de menacer l’existence même des petites entreprises en difficulté.

Avec les monopoles régionaux, les journaux produisaient des bénéfices de plus de 10 % au profit des investisseurs de Wall Street et devenaient ainsi une des industries les plus rentables de la nation. Mais, du même coup, ils tuaient le « romantisme » du jeune reporter à la chasse des nouvelles « à servir chaud » et qui avait pour vocation de lutter contre la corruption, de faire des « scoops » et de sauver la démocratie. Les journaux produisent des bénéfices et, pour cette raison tombent sous la coupe de monopoles qui en font des outils dont la mission n’est plus d’informer, d’éduquer ou de faire campagne, mais, simplement, de rapporter de l’argent.

Le modèle du monopole a apporté à la presse sa saison de vaches grasses, mais elle fut éphémère, parce qu’à force de faire du profit les éditeurs sont devenus arrogants, jugeant que leurs bénéfices étaient un droit plutôt que le fruit du travail. Sans compétiteurs, ils ont licencié du personnel, même en période de prospérité. Puisque l’objectif était de faire de plus en plus d’argent, il suffisait de remplacer par des informations génériques l’enquête sur telle ou telle situation locale, aussi les journaux ont-ils perdu toute signification en tant que source d’information locale.

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Les employés du journal {Rocky Mountain News} (États-Unis) au moment d’apprendre la nouvelle de la fermeture définitive de cette vieille maison de presse.

Le modèle a tué la nouvelle… et les lecteurs

L’appât du gain et la convoitise impliquaient le fait que les journaux ne mordent pas la main de ceux qui les alimentaient : on ne crache pas dans la soupe ! On passait donc sous silence la nouvelle qui risquait de faire du tort à tel ou tel annonceur, à ses amis ou à ceux qui s’étaient vendus à eux ; on évitait toute controverse susceptible de, sait-on jamais, déranger un client, et ces deux formes d’auto-censure ont signé la mort des grands reportages qui rendaient autrefois les journaux indispensables et passionnants.

Poussé à l’extrême, le modèle profit-convoitise va plus loin : il ne s’agit plus seulement de ne pas offenser les annonceurs, mais aussi et surtout de faire leur jeu. C’est ainsi que la nouvelle concrète a été remplacée par des fables publicitaires aussi creuses que stupides et des pages entières de publicité.
Réfléchissons : quand donc avons-nous lu pour la dernière fois un article sérieux sur un nouveau modèle de voiture, ou une réflexion sur les modèles irresponsables de développement dans les pages immobilières ?

Au niveau macro, presque tous les journaux ont adhéré au commandement : « Sers-toi du pouvoir et ne pose pas de questions ».
Pratiquement tous les quotidiens importants des Etats-Unis ont ressassé mécaniquement et sans pudeur la propagande discréditée de l’administration Bush pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003.
Les critiques actuels disent aujourd’hui que la tendance générale de la presse d’alors, favorable à la guerre, constitue le facteur clé ayant permis à Bush de précipiter la nation dans cette guerre. Les sources d’information alternatives, qui opèrent surtout dans le cyberespace, ont démenti ces mensonges à coups d’informations précises et d’analyses qui se sont ensuite avérées prophétiques, mais elles n’ont pas pu démolir la désinformation diffusée par les journaux.

Jetez un coup d’œil à la liste des sujets d’actualité les plus importants et les moins couverts de ces vingt dernières années, sélectionnés par Projet censuré.
Les 25 ayant été retenus chaque année peuvent traiter de questions aussi déconcertantes que la vente de technologie nucléaire à l’Iran par la société Halliburton (de l’ex-vice-président
Dick Cheney), les contrats décrochés par Halliburton pour la construction de centres de détention aux Etats-Unis et… la hausse de 3 000 % des actions de Halliburton pendant la guerre d’Irak.

Mais les thèmes sont aussi très variés : depuis les subventions du gouvernement pour l’introduction d’agents cancérigènes dans nos aliments et notre eau, jusqu’à la destruction de l’habeas corpus et de toutes les garanties de protection des droits de l’homme, en passant par le pillage à grande échelle des ressources naturelles par les multinationales. Or, si le lecteur feuillette les journaux à gros tirages de ces années, il n’y trouvera que rarement ce genre de nouvelles : elles n’y sont pas, et c’est pourquoi nous avons eu à nous tourner vers d’autres sources.

C’est un fait : le journal imprimé qui transforme des forêts entières en pulpe à papier s’efface progressivement au profit de la presse numérique, mais telle n’est pas la cause de la mort de ces compagnies de la presse. Les grands journaux d’aujourd’hui ont à leur actif, en moyenne, une image construite sur une centaine d’années, et ils devraient être les principaux joueurs reconnus dans l’arène de l’industrie de l’information, constituer des grandes marques, en bonne place pour dominer le panorama des médias convergents.

Seulement, après une génération d’auto-complaisance, les marques en question, et par conséquent leur valeur en Bourse, se sont effondrées. Puisque les stupides vivats lancés par Judith Miller à l’administration Bush nous ont conduits à la guerre, pourquoi continuerions-nous de lire les informations livrées par le New York Times sur l’Irak ?
Pourquoi devrions-nous payer pour être désinformés ? (Judith Miller, journaliste du
New York Times, a inventé de fausses interviews en Irak pour servir la cause de la guerre qui était celle de la Maison Blanche, ce qui lui a valu d’être encensée comme « héroïne » du journalisme)

Les journaux viennent grossir la liste des objets mis au rebut

Pas mal des articles que nous avons consultés sur l’effondrement la presse ont été écrits par ces journaux qui se plaignent eux-mêmes de leur disparition, alors qu’elle résulte de leur propre action ou de celle de concurrents : chaînes de télévision ou autres organisations non moins âpres au gain qui se délectent à l’avance de la chute de certains journaux alors qu’elles-mêmes ne font que s’engager dans la même voie. Par contre, leur réflexion ne couvre pas la croissance de structures démocratiques d’information qui défient réellement la réalité actuelle et fournissent des informations sur des événements dangereux et inquiétants. Or, il ne s’agit pas seulement de raconter l’histoire d’une génération qui court à toute vitesse vers l’analphabétisme ou l’apathie, mais celle, plus chargée d’espérance, d’une révolution dans les médias. On peut y voir un ajustement du marché face à la chute libre du modèle corporatif de propagande. L’évolution est plutôt positive.

Mais les grands médias ne mourront pas en état de grâce. Ils dévalent la pente, nous disent les experts, parce qu’ils se sont suicidés et qu’ils sont venus grossir la liste des objets mis au rebut.

Pensez-y : tout semble indiquer que la mystérieuse perte de revenus au titre des petites annonces est devenue la balle d’argent qui a condamné les survivants au repos éternel. Mais pourquoi —et c’est une question qu’on se pose rarement— les quotidiens ont-ils perdu leurs petites annonces ?
Curieusement, la perte des annonces s’accompagnait de la diminution du nombre de lecteurs, et pas mal d’annonceurs émigrèrent non pas vers les sites Internet mais plutôt vers les hebdomadaires alternatifs qui ouvrent grand leurs pages à l’information que les grands médias consignent aux oubliettes de l’information dangereuse. C’est ainsi que le marché travaille, dirait Friedman (et pas Marx). Quand vous désirez louer un appartement, où cherchez-vous ?
Ces médias alternatifs n’ont pas hérité les annonces de leurs parents défunts, ils se sont appliqués à les décrocher quand les quotidiens ont cessé de les publier.
Pour que le journalisme prospère, il faut que l’on puisse payer les journalistes.

Les critiques des médias démocratiques se presseront de signaler que le marché ne peut pas soutenir un million de sites offrant de l’information en ligne et que les petits médias ne peuvent se permettre que de petits salaires pour une poignée de travailleurs. Aussi, selon ce raisonnement, aurions-nous besoin d’un nouveau modèle pour financer des médias de qualité.

La profession de journaliste est-elle en crise ?

C’est un fait. Mais ce même argument part souvent de la prémisse selon laquelle le vieux modèle, à savoir les journaux appartenant à des monopoles, faisait la même chose, et que la mort des grands annonce celle du journalisme en tant que profession. L’arbitraire a longtemps régné sur le système de rémunération des journalistes professionnels : celui-ci récompensait les lèche-bottes et sanctionnait les journalistes assumant des risques et travaillant dur.
Voyons, par exemple, le
New York Post, sans conteste l’un des pires quotidiens du pays : sensationnaliste, trafiquant de phobies, xénophobe. Il emploie quelques-uns des journalistes les mieux payés du pays, alors que, dans la même ville, l’implacable Indypendent (oui, avec y) mise sur des bénévoles faisant du journalisme local d’enquête. C’est tout à son honneur, surtout si on compare cette politique à la récompense des laquais qui bradent leur profession. Trouver des sources de revenus pour payer les bons journalistes est un autre problème.

La question de fond, c’est que s’il n’y a plus d’avenir pour les journaux ennuyeux et autres zombis au service des monopoles, le journalisme, lui, en a un. Je me souviens d’une réunion, il y a quelques années, avec une délégation de journalistes ukrainiens. Ils étaient tous d’âge moyen, et avaient été formés au journalisme dans les médias d’une société soviétique totalitaire, en somme la négation du journalisme. Pourtant, génération après génération, les candidats au journalisme avaient assimilé des aptitudes dont ils ne pouvaient pas se servir. Et lorsque l’empire soviétique s’effondra, il y avait des journalistes prêts à sortir de l’hibernation.

Ici, ce sera peut-être un peu la même histoire : quand les quotidiens autocensurés appartenant aux monopoles auront définitivement disparu, les chaînes ayant condamné le journalisme à la médiocrité pendant toute une génération sauteront. Peut-être les bons journalistes auront-ils à travailler au jour le jour et même à faire d’autres métiers pour assurer leur pain quotidien.
Peut-être les laquais n’éditeront-ils plus de journaux. Ou peut-être que finalement peu de choses changeront, sauf les lieux pourvoyeurs de désinformation et de banalité. Quoi qu’il en soit, je ne verserai pas une larme sur les grands médias corporatifs.

 

Lundi 13 septembre 2010 à 20:31

 
Parce qu'on a beau crier notre colère jour et nuit, parfois, il faut savoir se satisfaire des rares bonnes nouvelles

Selon le docteur Zamboni l'insuffisance cérébrospinale veineuse chronique est une condition dans laquelle le sang provenant du cerveau et de la moelle épinière, rencontre des difficultés pour aller jusqu'au cœur. Cela est dû à des sténoses (un rétrécissement) dans les veines qui drainent le cerveau et la moelle épinière. Le sang met plus de temps à revenir vers le cœur, et il peut montrer des reflux dans le cerveau et la moelle épinière, où encore causer des œdèmes, des échappements de cellules sanguines et de fluides à l'intérieur du fragile tissu cérébral.
Le sang peut stagner trop longtemps dans le cerveau, se diffusant lentement. Le sang privé d'oxygène provenant de la tête, met plus de temps pour circuler. Ceci peut provoquer un manque d'oxygène (hypoxie) dans le cerveau. Le plasma et le fer contenu dans le sang se déposent dans le tissu cérébral, ce qui est également très néfaste.
Bref La théorie du Dr Zamboni est la torsion de certains vaisseaux sanguins qui est responsable du développement de la maladie. La maladie décrite jusqu'à maintenant comme neurologique et auto-immune serait en fait une perturbation de la circulation sanguine caractérisée par une incapacité du système veineux à drainer efficacement le sang du système nerveux central. Ainsi, en procédant à la dilatation des veines à l'aide d'un cathéter, il serait possible de soulager les personnes qui en sont atteintes.



Ainsi malgré l’hypothèse de longue date selon laquelle la Sclérose en Plaques est une maladie auto-immune, cette découverte suggère donc qu’en faîte elle est une maladie vasculaire provoquée par une accumulation de fer dans le cerveau dus à des problèmes de circulation sanguine.
Des études sont en cours… Affaire à suivre.

Dimanche 12 septembre 2010 à 22:19

Le temps passe. Neuf ans après les attentats qui endeuillèrent les États-Unis, la lucidité et la ténacité de Thierry Meyssan portent leurs fruits : une large majorité de personnes dans le monde ne croit plus à la version gouvernementale des États-Unis. Ce phénomène s’observe jusqu’aux États-Unis, où un dernier sondage évalue à 74 % le nombre de citoyens pris par le doute. Même les responsables de la commission d’enquête présidentielle admettent ne pas être convaincus par le rapport qu’ils ont signé. Pour l’initiateur opiniâtre de ce débat, le temps n’est plus à discuter de l’impossibilité de la version officielle, il faut maintenant saisir l’ONU et poursuivre les réels coupables.

Nous commémorons le neuvième anniversaire des attentats du 11-Septembre qui marquèrent le début d’une guerre que ses promoteurs voulaient sans fin. Après avoir tué près de 3 000 personnes aux États-Unis, les commanditaires des attentats causèrent la mort de plus d’un million de personnes supplémentaires en Afghanistan et en Irak. Leur plan prévoyait de poursuivre ce carnage en détruisant la Syrie et l’Iran, mais ils n’ont pu —pour le moment— mener cette phase à exécution.

À l’occasion de ce triste anniversaire, ceux qui ont rejeté la responsabilité de leur propre crime sur des islamistes avant de ravager le Proche-Orient musulman nous offrent une nouvelle mise en scène. Un faux débat agite les États-Unis à propos de la construction d’un centre culturel musulman à Manhattan, et un autre faux débat accompagne l’autodafé annoncé de Corans. À l’issue de ces provocations, les autorités US ne manqueront pas de nous expliquer qu’elles sont intervenues pour garantir la liberté religieuse dans leur pays, espérant ainsi nous faire oublier que les crimes de masse qu’elles ont commis au Proche-Orient le furent dans une ambiance de croisade contre l’islam.

Elles voudraient aussi nous empêcher de prendre conscience de leur échec à convaincre. Il y a neuf ans, j’étais seul à réfuter les mensonges du 11-Septembre, à dénoncer un coup d’État du complexe militaro-industriel, et à alerter sur les projets bellicistes du nouvel Empire. Malgré les insultes, les menaces et les attaques, j’ai parcouru le monde pour éclairer l’opinion publique internationale et désamorcer l’idéologie de guerre des civilisations. Je n’ai pas pu développer ce travail aux États-Unis, où j’ai été déclaré persona non grata. Cependant, une fois le choc assimilé et le deuil accepté, de courageux États-uniens ont porté le flambeau dans leur propre pays. Chaque année les sondages montrent que 10 % d’Américains supplémentaires doutent de la version établie par la Commission Kean-Hamilton. Aujourd’hui plus de 70 % des États-uniens doutent, y compris MM. Kean et Hamilton, les co-présidents de la commission chargée de graver dans le marbre la version gouvernementale. À ce rythme constant, la totalité de la population US aura rejeté cette version dans trois ans.

Nous sommes désormais une large majorité dans le monde à exiger que toute la lumière soit faite sur ces crimes. Le 11-Septembre ayant été utilisé par les États-Unis et le Royaume-Uni devant l’ONU pour justifier de leur invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, cette affaire n’est plus nationale, mais internationale. Le temps est venu pour que l’Assemblée générale des Nations Unies désigne une commission d’enquête, réunisse les éléments déjà connus du public et prépare la mise en accusation des suspects.

Que nous ayons perdu des parents sous les décombres du World Trade Center ou sous ceux des maisons bombardées de Kaboul et de Bagdad, que nous ayons perdu des enfants tués par l’occupant ou tué en occupant le Proche-Orient, nous sommes tous victimes du même système. Nous devons ensemble lutter pour établir toute la vérité et punir les coupables, parce que nous ne parviendrons pas à la paix sans la justice.

Thierry Meyssan

Jeudi 9 septembre 2010 à 22:38


SOURCE



Enréponse à l’imposition brutale du Traité de Lisbonne, une plate-forme de citoyens a lancé une initiative nationale pour obtenir le retrait de l’Autriche de l’Union européenne. Il s’agit en premier lieu de garantir la liberté politique du peuple et le sauvetage des bases existentielles de l’Autriche : du (re-)développement d’un marché intérieur à l’abri des crises et d’un Etat social, ce qui n’est possible qu’à l’intérieur d’Etats indépendants, de remettre la neutralité au centre de la politique extérieure, de la liberté d’accepter ou refuser les OGM, de la réintroduction d’une monnaie nationale et de l’introduction d’une démocratie directe selon le modèle helvétique.

 

 

autriche

 

Les droits de souveraineté transférés aux organes communautaires, comme le prévoit le Traité de Lisbonne, ne sont pas limités et suite à cela, pas assez légitimés démocratiquement.

 

Puisque plus de 80% des lois sont imposées par l’UE à l’aide de prescriptions, directives, décisions et autres consignes, plus aucun politique ne porte de responsabilité pour ces lois. Ni les députés «représentants du peuple», ni la Cour constitutionnelle autrichienne ne s’opposent à cet politique européenne antidémocratique.

 

La majorité du peuple autrichien s’oppose à l’UE. Ainsi en témoigne le sondage effectué par le Linzer Meinungsforschungsinstitut Imas, révélant que 54% de la population estime que l’UE apporte plus de désavantages que d’avantages au pays .

 

Il faut rendre au peuple autrichien ses droits politiques

 

 

Economie

 

Les entreprises nationales qui sont en relation avec la population, ont de moins en moins de chances de survie dans un système supranational. L’Autriche ne peut plus conclure d’accords commerciaux, vitaux pour la protection de l’économie nationale, du fait de son appartenance à l’UE; le commerce international est entièrement dans les mains des organes centraux de l’UE. De nombreuses petites et moyennes entreprises ont dû fermer leurs portes depuis l’adhésion du pays à l’UE, dont beaucoup d’artisans et d’entreprises de production de biens, offrant à la jeunesse des places d’apprentissage et des emplois et contribuant fortement à l’économie nationale. Sans souveraineté économique, un Etat ne peut remplir sa mission de sauvegarde de la stabilité économique; il ne peut ni la conserver ni la développer.

 

C’est l’AELE qui se présente comme la véritable alternative à l’UE.

 

Son avantage principal est que, au con­traire de l’UE, elle ne mène pas de libre échange illimité. Les accords de l’AELE prévoient notamment une réduction des taxes douani­ères pour les produits industriels, mais chaque pays conserve le droit d’imposer ces dernières aux pays tiers et conserve sa propre politique économique et moné­taire. Et surtout: l’agriculture et le marché du travail sont exclus du libre échange!

 

L’AELE a une grande importance pour un pays comme la Suisse, fortement orienté vers les exportations, une voie dans laquelle devrait s’engager (à nouveau) l’Autriche.

 

 

Etat social

 

Le principe suprême de l’UE, soit les «libertés du marché», autrement dit la liberté illimitée de l’échange de marchandises, d’établissement, des services, la libre circulation des travailleurs, ainsi que la libre circulation des capitaux. Cette dernière est essentielle pour les multinationales, puisqu’elle permet une politique orientée vers le profit maximum, source de difficultés majeures pour beaucoup de monde; cette politique est soutenue depuis des décennies par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE). La politique sociale y est totalement ignorée. La preuve en est apportée par l’augmentation constante du chômage, par la diminution des rentes vieillesse et l’écart s’élargissant entre riches et pauvres.

 

 

Neutralité

 

Est neutre un pays menant sa propre politique étrangère (comme la Suisse), se tenant strictement à l’écart de tout pacte militaire, et servant ainsi la paix. Du fait de son armée, à laquelle participe l’Autriche, l’UE représente elle-même un pacte militaire. A quoi il faut ajouter son étroite relation à l’OTAN, dont la majorité des pays de l’UE sont membres. Dans le dernier document sur la politique de sécurité du gouvernement fédéral autrichien, il est question d’inclure davantage le pays dans les structures de sécurité internationales, l’OTAN y gagne en importance, et le devoir d’assistance et de participation à des expéditions militaires est renforcé. Le Traité de Lisbonne nous contraint à améliorer constamment nos capacités militaires (exigence de réarmement) et à participer, le cas échéant, à des interventions bellicistes, souvent dénommées «mission de combat contre le terrorisme». Cette dernière mission finit parfois dans des guerres d’agression menées de par le monde.

 

Ce n’est qu’en quittant l’UE qu’il sera possible de retrouver la neutralité en tant que base pour la politique étrangère autrichienne.

 

 

Liberté d’accepter ou de refuser les OMG

 

Du fait des «libertés illimitées du marché» obligatoires, il n’est pas possible pour un Etat membre de l’UE d’empêcher l’importation de fourrage OMG, par exemple les pommes de terre cultivées industriellement (Amflora) ou bien des produits finis contenant des ingrédients OMG. Il est absolument nécessaire de respecter la volonté des 1,2 million d’Autrichiens qui ne veulent pas de génie génétique ni dans l’agriculture, ni dans les produits alimentaires. Les revendications de l’initiative populaire de 1997 à ce sujet sont toujours d’actualité:

 

1. pas de nourriture sortant des laboratoires de génie génétique en Autriche;

 

2. pas d’autorisation pour la mise en liberté d’êtres vivants génétiquement manipulés;

 

3. pas de brevets sur la vie.

 

La politique de l’UE nous interdit cette protection, c’est pourquoi il faut s’en retirer.

 

 

Monnaie nationale

 

La monnaie nationale est une caractéristique primordiale d’un Etat. L’Autriche n’est plus en mesure de diriger son économie par une politique monétaire et de crédits; c’est pourquoi il lui faut retrouver sa propre monnaie (p. ex. le Schilling), afin d’assurer sa stabilité économique. Encore récemment, l’Autriche a dû verser 2,3 milliards d’euros pour la prétendue «aide à la Grèce» et 12,6 milliards pour le «plan de sauvetage» de l’euro. Cette procédure est anticonstitutionnelle et contrevient aux accords – selon les experts. Le résultat de cette politique erronée est une inflation galopante et le risque d’une conversion monétaire sur le dos des contribuables.

 

L’internationalisation des monnaies nationales est une erreur qui a contribué aux difficultés financières et économiques actuelles. La reprise des déficits de pays instables par des pays stables, ces derniers représentant le socle de l’euro, amplifie encore les difficultés. En sortant de l’UE, l’Autriche pourrait retrouver sa propre monnaie et mettre un frein au renchérissement.

 

 

Agriculture

 

L’agriculture doit être protégée par la réintroduction de taxes douanières et de restrictions commerciales. Ce qui permettrait d’assurer l’approvisionnement du pays avec des produits locaux. Nous avons besoin d’une politique agricole qui a pour but le ravitaillement de la population par des produits sains, la préservation des surfaces arables ainsi que leur exploitation écologique. Il faut obtenir pour les producteurs des prix con­formes à leur travail et dans la mesure du possible favoriser la vente directe de produits de première nécessité, soit par le paysan lui-même soit par des coopératives agricoles. C’est fondamental pour assurer la sécurité alimentaire.

 

L’UE nous impose une production industrielle des produits alimentaires sur d’immenses exploitations et détruit ainsi les structures familiales réduites qui sont capables de s’adapter aux besoins régionaux de la nature, de l’homme et des animaux. Les agriculteurs sont tributaires des prix du marché mondialisé et des subventions de l’UE. Uniquement en quittant l’UE l’agriculture paysanne pourra survivre.

 

La liberté et la démocratie sont le fruit d’une lutte séculaire, les puissants n’ayant jamais lâché volontairement leur pouvoir.

 

 

Comment soutenir cette initiative populaire

 

Tous les citoyens autrichiens, âgés de 16 ans révolus, sont habilités à signer les initiatives populaires. Dès que 8032 citoyens (1 pour mille de la population) auront signé la déclaration de soutien, le ministère de l’Intérieur annoncera publiquement pour tout le pays la semaine au cours de laquelle seront récoltées les signatures.

Vous trouverez les déclarations de soutien sur Internet à l’adresse webinformation.at

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